De l’Automne Montréalais

N.B. Le début de l’article parle de météo et fait un usage irraisonné des majuscules – vous êtes prévenus.

Ca y est. J’ai acheté mon manteau en duvet, maintenant il commence à faire froid. Chaque jour, de plus en plus de gens dans la rue portent leur manteau en duvet. Pour ma part je m’accroche solidement à mon manteau français (le « sac poubelle » pour les connaisseurs, l’autre n’est pas assez long/chaud). Quand j’oublie mon écharpe, je cours la chercher en priant pour que ce putain de bus ne passe pas entre temps. La moi ado qui sortait en t-shirt et cheveux mouillés l’hiver a vraiment disparue. Bref, je sens le jour fatidique s’approcher, le jour où il fera tellement froid que je vais mettre LE manteau. Le flip c’est: et si j’ai encore froid même avec le manteau? PEUR. PEUR.

Mouliskov l’Esquimau – Pardon, l’Inuit.

Bref, bref, en attendant c’est encore l’automne même si la température est clairement celle d’un hiver français et que Sandy (enfin, ce qu’il en restait) a emporté toutes les feuilles colorées (le « Mont » Royal est assez triste du coup).

Avant/Après (bon on a quand même eu droit à un arc-en-ciel en guise de dommages et intérêts)

Il faut savoir que j’ai tendance à détester l’automne, à Paris il fait moche, gris, pluvieux et les feuilles sont maronnasses moches. A Montréal il a plus tous les weekend pendant tout le mois d’Octobre (vous n’aurez donc pas de photos des Laurentides…) MAIS au moins la semaine il faisait beau (et même parfois chaud (deux jours) été indien mon amour) et surtout les feuilles étaient TROP cool. Ca m’a fait pensé aux images qu’on te montre en primaire pour t’apprendre les saisons, le VRAI automne, la base.

Remontons le temps jusqu’au moment où il faisait presque beau les week-ends: fin septembre. X et Y m’ont proposé d’aller ramasser des pommes avec leur voisine J, une québécoise plus qu’adorable. Donc j’ai dit oui. Le principe c’est de payer un sac et de le remplir au maximum – tout en se gavant de pommes au passage. Trop cliché vous allez me dire? Bah figurez vous que la plupart des gens y vont au moins une fois par automne et que J était très étonnée que nous ne fassions pas ça en France. (Cela dit d’après Amina il y a des trucs du genre en Normandie, ça me donne envie d’exporter la tradition).

Risquer sa vie sur des échelles triangles bancales pour des pommes: Check.

Le petit problème c’est qu’à la fin de la journée tu as beaucoup trop de pommes pour ton petit estomac.Donc, compote, beurre de pomme, gelée de pomme (qui s’est transformée en caramel…), tartes aux pommes (cuite dans une poêle faute de plat à tarte, MacGyver style.), crumble…

Pâte feuilletée faite maison: Never.Again.

Et tient tant qu’on parle de nourriture, j’ai aussi fait de la soupe au potiron. Oui j’aime recréer des clichés dans la vraie vie, so what? Il ne me manquait plus qu’une cheminé pour la manger au coin du feu. Too bad.

Je suis sûre que même ma sista l’aurait aimée. C’est dire.

J’ai aussi fait de la tartiflette récemment. Oui bon c’est un plat d’hiver et c’est un article sur l’automne: je sais. Sachez que si vous comptez en faire une, ça vous coûtera limite moins cher d’importer le reblochon vous même. C’est la première fois qu’un commerçant m’a dit que les prix étaient haut parce qu’il n’y avait pas assez d’importations en ce moment. Donc le reblochon = luxe. Mais ce n’est pas l’effet Veblen qui me l’a fait acheter, c’est l’effet tout-le-monde-me-manque.

Voilà voilà pour ce qui est de la nourriture bouffe. Oui parce qu’ici on utilise le mot « bouffe » comme si c’était un mot normal et pas un mot à connotation péjorative. Genre le slogan de la chaîne de supermarché IGA (les plus chers et les plus « classes », genre Monoprix) est « Vive la bouffe! ». Ouais, ouais… Bienvenue en terres barbares.

L’automne c’est aussi Halloween. Et pas qu’un peu. Dès fin Septembre, Dollarama (le magasin qui m’a sauvé la vie à plusieurs reprises), était rempli de décorations, costumes et accesoires pour l’Halloween. Comme j’ai un côté rebelle je suis allée à une soirée anti-costume, mais comme j’ai un côté fun je suis aussi allée à une vraie soirée d’Halloween. MISN (l’équivalent mcgillois du Buddy Program sciencespiste) avait entièrement décoré une maison en mode maison hantée. C’était open-beer et open-bonbons. C’était cool. Je me suis donc trouvée une robe de Marylin Monroe sur Kijiji (un autre life-saver) que je suis allée chercher à l’autre bout du monde (non en fait j’ai juste traversé le Saint Laurent pour y aller, mais c’est déjà fou). Et je me suis renversée un tube de fond de teins vert et un tube de faux sang sur tout le corps. Parce que j’avais envie de faire vraiment peur. Mes colocs m’avaient bien fait comprendre que les filles étaient censées être sexy et que sinon j’allai être la fille bizarre (comme dans Lolita Malgrè Moi, si vous ne connaissez pas vous avez raté votre adolescence). Du coup j’ai trouvé un compromis: Marylin-Zombie (et la plupart des gens on reconnu Marylin malgrè le Zombie, contre toute attente). C’était très cool.

Amina, Rui, Emilie et moi 🙂

Oh et puis dans la série cliché, je suis allée à une soirée Storytelling avec une vieille dame qui raconte des histoire, des cookies et du chocolat chaud. Dans la série un peu moins cliché, on a fini la soirée avec Noémie (une autre que moi, je ne parle pas encore de moi à la troisième personne) et Katerina là:

Soirée Drag&Burlesque de Queer McGill

A part ça j’ai fini ma formation Excel, changé de couleur de couleur de cheveu, survécu à un tremblement de terre et été acceptée au programme Women in House, dans une semaine je serai donc à Ottawa en train de suivre Eve Peclet, députée à la Chambre des Communes (et ça c’est très très cool).

Amour et paix dans vos coeurs

Publicités

De mes premières semaines à McGill (part 1)

Je me pose (enfin) pour vous raconter mes deux premières semaines à McGill et de vie dans mon nouvel appartement. Je vous ai déjà parlé de la première soirée, celle à l’OAP lundi soir, mais la semaine ne s’est pas terminée là.

Le lendemain (mardi), McGill  nous avait concocté une journée « Discover McGill ». Le matin était consacré à des conférences (plus utiles aux étudiants en première année qu’à nous). A midi, malgré les tentatives d’organisation par les « Frosh Leaders » de jeux type maternelle (le but étant d’apprendre par coeur le prénom de 21 camarades, pour devenir amis), nous nous sommes contentés de manger nos pizzas et nos cookies. Et enfin vint l’après-midi où nous fûmes inviter à nous assoir dans le stade.

Il y avait un peu de monde.

A l’arrivée, des membres de l’administration (probablement) et des cheerleaders nous ont accueillis, sourire bien américain aux lèvres, au son de la fanfare et tout ça aux couleurs de McGill (blanc et rouge) évidemment. Au milieu du terrain, une équipe de quidditch en action. Le doute n’est plus permis, nous sommes en Amérique du Nord. Et encore moins quand une dame blonde arrive sur scène et nous lance un magnifique « Heeeeeellooooooooo McGiiiiiiill! ». S’en est suivi un enchaînement de spectacles de danse (sur Fergilicious, soudain tu comprends ce que ça signifie l’élitisme française) ou de chant a cappella et de discours en tout genre. Je suis partie au milieu de la vidéo du SSMU (équivalent du BDE ici) qui tournait au pathétique.

Quidditch & Cheerleading, everything is alright.

Bref, je n’ai absolument pas « Discover » McGill (on aurait pu s’attendre à une visite du campus ou quelque chose comme ça) mais plutôt la culture universitaire nord-américaine (ce qui, cela dit, n’est pas forcément une mauvaise chose!)

A la fin de la journée, nous avons croisé une fille qui nous a donné un prospectus sur une vente d’objets de seconde main. J’ai trouvé des lunettes de soleil à 1$ (oui parce que les lunettes à 3€ que j’avais acheté pour remplacer celles à 20 ce sont cassées…), j’étais contente.

McGill is full of surprises.

Le lendemain (mercredi) je suis allée à un petit déj + un tour en bus gratuits, offerts par l’ISS (International Student Service). Ca fait toujours plaisir. Le soir avait lieu la Street Fest: les étudiants ont littéralement envahis la rue McTavish où étaient installé des stands présentant des associations et des services de McGill. On a récupéré plein de trucs gratuits siglés McGill (j’ai notamment une réserve de post-it e toutes les formes/tailles/couleurs pour les 50 prochaines années). On a aussi récupéré des tickets pour un festival le sur-lendemain (qui s’est avéré assez mal organisé et un peu décevant).

Bain de foule.

Le sur-lendemain (jeudi), on a profité d’un Boat tour – à nouveau offert par l’ISS. C’était cool.

Sciences Po RPZ!

On a fini la journée au Farmer’s Market de McGill où les étudiants en agriculture vendent leurs légumes bio, locaux et de saison, aka les meilleures tomates de ma vie.

12$ (seriously)

Pour finir, nous nous sommes retrouvés samedi après-midi au Piknik Electronik. Un festival de musique éléctro au milieu du Saint Laurent au Parc Jean Drapeau.

Bouffe + musique, what else?

Voilà pour la première partie, dans la deuxième partie je vous parlerai de ma rentrée (prévue le mardi 4, déplacée pour cause d’élections). Sachez quand même que le dimanche soir on a vu Starbuck en plein air et c’était toujours aussi drôle (etprovidenciellement sous-titré  en anglais), et aussi que le lundi soir, un picnic organisé par la MISN (McGill International Student Network) s’est fini dans un bar à cause d’une nuit tombée trop tôt – 20H, ça me fait plus peur que le froid pour l’hiver – et qu’on a rencontré d’autres étudiants en échange plutôt cool.