De ce moment où je devais écrire un rapport de 3A et où j’ai fait le bilan de mon année

Bon, j’ai 15 000 articles en retard, sur Boston, le ski, les brunch, Québec, le printemps, la cabane à sucre, les ciels d’hiver, le Charlevoix etc. etc. etc.

Ce semestre a été plus intense – sur à peu près tous les plans sauf peut être sur celui universitaire – et j’ai eu du mal à rester au niveau. Promis, je me rattraperai une fois rentrée en France, je m’installerai dans le jardin au soleil sur le hamac et je vous raconterai tout – ou presque.

En attendant, mes cours sont finis, la chaleur est enfin revenue sur Montréal et j’en profite du mieux possible. Plus que 3 semaines… Et plus qu’une semaine pour écrire mon rapport de 3A.

Que je n’ai pas commencé. La principale raison est que ça m’emmerde et que je trouve ça bidon (genre, comparer les cultures, ce qui revient à nous demander presque directement de généraliser et de bullshiter, sérieusement…) Et aussi ça me fait repenser à cette année et finalement je me perds à penser à des choses que je ne pourrait pas écrire dans mon rapport. Donc j’ai décidé de l’écrire ici – promis, zéro bullshit et zéro généralisation.

Il est 3h du matin, ce ne sera peut être pas exceptionnel mais je me lance.

On ne va pas se mentir, cette année a été assez dure. Pas à cause de Montréal, j’aurai pu être n’importe où (oui, oui, même en France) ça aurait été aussi dur. On dit souvent que s’éloigner d’un problème ne le règle pas. Dans mon cas je ne pouvait de toute façon pas m’en éloigner, je l’ai bien ignoré et il a fini par empirer, mais au risque de me répéter ça n’avait rien à voir avec la 3A en elle-même. Oui je réalise bien que ces dernières phrases sont cryptiques et que vous ne comprenez sûrement rien, si vous êtes proches de moi vous avez peut être compris sinon vous pouvez toujours prendre des nouvelles, et sinon contentez vous de ça.

Mais j’ai commencé à régler les problèmes et je crois que c’est l’essentiel. Et ça c’est grâce à Montréal. Peut être en partie grâce à l’éloignement et en tout cas fort certainement grâce à certaines personnes que j’ai rencontrées ici. J’ai enfin pris le temps d’essayer de savoir qui j’étais. J’ai un peu fait ma crise d’adolescence à 20 ans. Il était temps. Ou était ce peut être ma crise de la quarantaine en avance. Il n’est jamais trop tôt. Qui sais.

Le point important dans tout ça c’est que j’ai survécu (et j’en suis sortie plus forte – oui ça parait bullshit et cliché mais ça ne l’ai pas, ou juste un peu).

Et j’ai changé de couleur de cheveux aussi (accessoirement).

Et, beaucoup moins accessoirement, j’ai rattrapé nombreuses de mes lacunes cinématographiques (cf. infra, thanks Mitch), notamment Star Wars – plus jamais ne serai je celle qui n’a pas vu Star Wars. C’est limite comme  » » » »perdre sa virginité » » » »: beaucoup de pression sociale et culturelle… pour pas grand chose (non je n’ai pas absolument adoré Star Wars – call me a snobby bitch – LOTR est clairement mille fois mieux, Retour vers le futur aussi)

Et j’ai appris à aimer la France – surtout pendant le premier semestre. Enfin, j’ai réalisé à quel point je l’aimais plutôt. J’adore Montréal et le Québec, mais je ne pourrais jamais faire ma vie ici. Bien sûr, il y a plein de choses et de gens et d’événements à critiquer en France (bref de quoi faire râler les français qui perdraient tant de leur charme sans ça). Mais il y a aussi tellement de choses absolument géniales, et qui m’ont manquée, et dont voici une liste non-exhaustive:

  • Nos (merveilleux) transports en commun (Je promet (d’essayer) de ne plus jamais râler contre la Ratp et de toujours me remémorer les bus de la Stm si jamais l’envie m’en prends)
  • Le vin à 3€
  • Notre urbanisme (et la beauté de nos villes et villages – sans rire)
  • L’inclusion des taxes dans le prix affiché
  • Le TGV (et les billets prem’s, et la carte 12/25, et les compagnies d’avion low-cost)
  • Les manifestations pour tout et tout le temps
  • Les petits cinémas d’art et d’essai parisiens (Cinémas Action mon amour, vous m’avez tant manqué)/ Les multiplex encore – parfois et en certains lieux – raisonnablement abordables
  • Le (vrai) café
  • Les (vrais) pains au chocolat
  • Le fromage dont le prix ne dépends pas de la quantité disponible à l’importation
  • L’absence totale de Fruit Loops (cette abomination céréalesque) et autres produits si éhontément industriels dans les supermarchés français
  • La vue sur le parc Montsouris (aka pouvoir observer les gens discretos depuis mon mini-balcon au quatrième étage)
  • La possibilité de porter autre chose qu’une doudoune et des bottes d’hiver pendant la moitié de l’année
  • Les Alpes (et les paysages français en général) (NB: peut être lié au fait que je ne soit pas allée dans les Rocheuses, et encore)
  • Pouvoir choisir mon médecin et en changer tant que je veux (et plus généralement notre système de santé)
  • Ne pas avoir besoin de m’endetter pour étudier
  • Payer un prix plus que raisonnable pour mon forfait de portable cellulaire
  • Admirer les Nymphéas (n’importe quand et gratuitement) (plus généralement: nos musées)
  • Ne pas avoir à payer pour une échographie (non je ne suis pas tombée enceinte, une échographie peut être nécessaire dans de nombreuses situations, don’t freak out)
  • Le printemps (seriously, on est passé du plus profond hiver à l’été en quelques jours)
  • Le fait que tous soit de façon générale moins commercial (exemple probant: les fêtes en tout genre, 100$ de budget moyen pour Halloween…)
  • Les français (même si on est tous snobs et chauvins et râleurs, je nous aime tendrement)
  • Les petits commerces de proximité
  • L’absence de frontières (aka l’UE)(les gardes frontières américains et leur toute relative sympathie ne vont probablement pas me manquer)
  • Ne pas avoir besoin d’un GPS pour me retrouver dans les stations de ski

Mais contrairement à ce premier semestre, ces derniers jours, je n’arrête pas de faire mentalement la liste de tout ce qui va me manquer, et je vous la livre également aujourd’hui dans le désordre et une fois de plus de façon non-exhaustive:

  • Les samosas de McGill ( ❤ )
  • Les soirées film avec Mitch (sans qui ma culture serait toujours honteuse et lacunaire)
  • Les nuits dans le bus (et les voyages de façon générale)
  • Les brunch (qui ne me ruinent pas)
  • Le multiculturalisme – et la tolérance en général (les gens portent des voiles ou des turbans, ou sont gays, ou pas et get over it, tout va bien, la Terre continue de tourner avec le Canada sur sa surface. En plus au passage grâce au multiculturalisme j’ai appris plein de nouvelles recettes – sérieusement, je sais faire des raviolis chinois maison – ce qui est trop cool.)
  • (en parlant de raviolis) Les week-ends chez X et YX, et les longues discussions avec YX
  • Passer au dessus d’un canal verdoyant quotidiennement
  • Les couleurs du ciel (aaah les coucher de soleil depuis ma fenêtre…)
  • Les sous-bois dans les stations de ski
  • La tire d’érable
  • Les mardis soirs à Cinema Politica
  • Pouvoir rire et parler avec un prof sans sentir le poids de la hiérarchie planer au dessus de nous telle une épée de Damoclès (je n’exagère pas du tout, du tout, ce n’est pas mon genre.)
  • Bosser Faire la sieste dans les sofas du SSMU (rien à voir avec le pauvre canapé Ikea du BDE)
  • Midnight Kitchen
  • Ne pas être abordée dans la rue quotidiennement pas des mecs lourds (et pourtant je n’habitais pas dans un quartier merveilleux de Montréal hein)
  • Les bus de nuit où il n’y a pas que des vieux mecs morts pilo et chelou
  • Avoir un four dans la cuisine
  • Winners & Dollarama (la.base.)
  • Pouvoir aller manger une poutine à 3h du mat
  • Le soleil et le ciel bleu en hiver
  • La neige, encore et toujours
  • Les écureuils à la place des pigeons
  • Les cours de Feminist et Gender studies qui ne sont pas du bullshit total voire sont totalement passionants, et au sein desquels j’ai pu vraiment débattre (au lieu de passer mon cours à débattre de ces sujets sur internet étant donné qu’à Sciences Po ce genre (huhu) de cours est définitivement nul)
  • N’avoir besoin que d’un papier d’identité pour loueur un appart/une chambre

Bien sûr tout cela sera plus ou moins dans mon rapport. Dans une forme édulcorée et bien présentée.

Mais si des futurs 3A ou futurs expatriés me lisent voilà quelques points essentiels à retenir:

– Les québécois ne sont pas plus gentils (ou moins gentils), que les autres être humains de cette planète en général, ou que les français en particulier. Ils sont humains. Oui ils font la ligne pour monter dans le bus, mais cela dit ils ne te laissent pas plus descendre du métro qu’un français. Oui certains sont adorables et feront tout pour que tu te sentes bien dans leur pays, d’autre n’en auront manifestement rien à faire, voire au contraire. Non ils n’adorent pas tous les français, n’oubliez pas que nous les avons abandonné face aux anglais. Voilà, voilà.

– La 3A n’est pas la meilleure année de votre vie. En tout cas je ne l’espère pas pour vous. Toutes vos années ont eu/auront du bon et du mauvais. Toutes contiendront de nouvelles expériences, rencontres et découvertes – ou en tout cas je vous le souhaite. Se dire avant et après la 3A que ce sera/c’était la meilleure année de votre vie a quelque chose de stressant et de très triste. La 3A n’est pas l’apogée de votre vie, la suite n’est pas une longue descente vers l’enfer de la vieillesse. Donc ne vous mettez pas la pression, cette année sera ce qu’elle sera: une année.

– Si vous ne voulez pas passer votre temps avec des français, fuyez. Montréal pullule de français, oui même McGill. Je n’ai pas dit que c’était mal (cf. mon point sur les français et mon amour pour eux), mais sachez le.

– Le Mont Royal n’a rien d’une montagne ou d’un parc, c’est en gros une sorte de colline boisée sillonée par une route groudronnée.

– L’hiver n’est pas si terrible. Oui on a eu des -40 degrés celsius mais ça n’a duré que 3 jours sur tout l’hiver. Et il ne neige pas constamment, juste quelques fois par an (certes, c’est toujours plus qu’en France). Et oui il y aura toujours de la neige autour de vous mais les voies de communication seront toujours déneigées rapidement. Et le froid est sec et le soleil brille souvent, ce qui est très agréable contrairement à la grisaille française. Et la vie continue (c.f. la Nuit Blanche, l’Igloo Fest etc.etc.)  Bref, ça va aller, vous n’allez pas mourir, loin de là.

Il est 4h12, je crois que cet article n’a ni queue ni tête et je suis fatiguée. Avec un peu de chance ma mère sera heureuse d’avoir quelque chose à lire et ma famille et mes amis me diront que ça les a fait rire. Mais peut être pas. En tout cas, si ils passent par là, qu’ils sachent qu’ils m’ont vraiment manqués et que finalement, la chose qui fait de la France le meilleur pays du monde à mes yeux c’est surtout le fait qu’ils y soient. Et comme je le dit souvent, peut importe le lieu, le temps ou ce que l’on fait, l’important c’est avec qui on le fait. J’ai hâte de n’être plus qu’à quelques heures (maximum) de TGV de vous tous.

Je sombre dans la mièvrerie la plus totale mais tant pis. Tout ça pour dire que, voilà, demain je commence ce foutu rapport.

Ah une dernière conclusion: les mecs féministes, c’est cool.

Bref, bref, demain, promis juré, j’écris ce rapport (ou pas)

Que rien n’est impossible (si je suis prête à me battre)

Cet article aurait pu s’appeler « de mes deux jours à Ottawa » ou « de mes deux jours au Parlement » ou que sais-je encore. Mais je me rends compte que ce dont je me souviendrais c’est ça « rien n’est impossible ». Des hommes le font, nous l’avons fait, tu peux le faire si tu le veux. Et tu devrais le faire parce que c’est un métier passionnant et gratifiant. Ce dont je me souviendrais c’est l’état dans lequel j’étais à la sortie de la première conférence. Je me sentais forte, indestructible et heureuse, surexcitée, motivée, extatique. Un mélange de sentiment incroyable que je n’avais jamais connu auparavant.

Mais revenons un peu en arrière pour ceux qui ne savent pas de quoi je parle. Il y a quelques mois, sur un des groupes Facebook de McGill, un post attire mon attention. Ca parle d’un séjour à Ottawa de 2 jours. Ca tombe bien je comptais y aller, à Ottawa. Ca parle de femmes et de politique. Ca tombe bien aussi ça m’intéresse, et pas qu’un peu. Donc je clique sur le lien et je tombe sur le site de Women In House (A Woman’s Place is in the House). Je ne vais pas vous faire une description complète, allez voir sur leur site tout est expliqué. Il y a un formulaire de candidature à remplir: pourquoi serais tu la candidate idéale, qu’est ce que t’apporterais le programme, que ferais tu pour améliorer la participation des femmes en politique. Retour sur Facebook. Dans les commentaires, la fille qui a posté le lien précise que les canadiennes seront favorisées (puisque c’est leur Parlement qu’on va voir, forcément). La flemme de répondre aux trois questions, surtout si j’ai aucune chance. Je serais jamais prise de toute façon, ça sert à rien.

Mais la veille je me dis, stop arrêtes de te dévaluer, tu le fais à chaque fois et à chaque fois tu as ce que tu veux. Ça ne coûte rien d’essayer alors vas y, et si t’es pas prise tant pis. Donc je prends deux heures et je remplis le formulaire. Le pire dans tous ça c’est qu’en fait j’avais des choses à dire. Et apparemment des choses intéressantes…

Quelques jours plus tard, alors que je m’ennuyais royalement dans mon cours d’Urban Planning, un mail apparait sur l’iTouch (très gentiment offert par ma sousoune d’amour que je remercie :p ) « Gmail – Women In House – Congratulations! … » Vague de bonheur dans mon cœur. Sur le coup il faut avouer que j’étais surtout heureuse de partir à Ottawa deux jours tout frais payés. Mais franchement, rétrospectivement, j’aurai payé avec plaisir.

Être acceptée c’est la première leçon que m’a donnée WIH: 130 candidatures et 30 places, très grande majorité d’américains. 2 ou 3 étudiantes d’une autre nationalité dont 1 française, moi. Je ne suis pas nulle, je ne suis pas inintéressante, je ne suis pas débile, je suis capable. Ça parait con. Et les gens qui me connaissent mais ne sont pas très proches de moi croient que j’ai une confiance en moi à toute épreuve. Non, loin de là. Vous voulez une preuve? Je n’ai parlé à personne de ma candidature. Surtout pas à ma famille ou à mes amis proches. Trop peur de pas être prise. Trop peur de rater et de pas être à la hauteur.

Mais tiens dans ta gueule mon manque de confiance, j’y suis dans les 30 et fuck that! Quand on veux on peut.

Bref, revenons à nos moutons. Le 6 novembre, petite réunion où les 3 coordinatrices (des participantes de l’année dernière) nous expliquent comment ça va se passer. Il faut s’habiller « Business attire », pas trop mon style. Du coup séance shopping avec Amina, pro incontestée du business attire. J’ai un pantalon, un blaser, des hauts très classes et le 19 à 6h30 am je suis dans le bus.

La première journée fut intense. Dès notre arrivée, à peine le temps de poser nos bagages et de nous changer, la première conférence commence. 5 femmes, une femme politique, une journaliste, deux activistes (dont une est entrée en politique) et une lobbyiste, viennent chacune leur tour nous parler de leur carrière, de leur parcours personnel, des difficultés mais aussi des récompenses. Beaucoup parlent de la culpabilité vis-à-vis des enfants. « La culpabilité sera toujours et forcément là, mais ça vaut le coup et quand vous partez travailler et que votre fils vous dit « vas changer le monde maman » ça n’a pas de prix. » Wahou. Juste, wahou. Toutes sont passionnées par leur métier. Toutes nous disent que ce sera plus facile pour nous, qu’elles seront là pour nous aider là où elles n’avaient pas de mentor ou de modèle. La moi enfant puis adolescente qui voulaient « changer le monde » jubile. C’est possible. C’est possible et c’est le choix d’une carrière plus qu’intéressante. « Apprenez comment fonctionne le système, faites attention à l’argent, comprenez les nouvelles technologies, ne vous excusez pas d’avoir des enfants, ne laissez pas les gens vous jugez sur votre apparence ». Mais surtout « allez y, engagez vous, n’attendez pas, ne cherchez pas d’excuses ». Première conférence de ma vie où je prends autant de notes et dont je ressort en me disant que c’est génial ».

WIH 2012!

WIH 2012!

Après ça, lunch, visite du Parlement (notamment la très belle bibliothèque, photos interdites désolée, vous pouvez avoir un aperçu ici ou ) et « Question Period » (= questions au gouvernement). C’est très tendu entre les conservateurs (au pouvoir) et l’opposition officiel (NDP) à cause de la question du budget.

Le Parlement

Couloirs du Parlement et Chapelle du Souvenir

Vue sur Ottawa depuis la Tour de la Paix

Vue sur Ottawa depuis la Tour de la Paix

Mais on ne peut pas rester longtemps car la deuxième conférence va commencer avec 3 députés: la seule députées du parti vert, un député libéral et une députée NDP. Une des coordinatrices leur pose des questions sur leur engagement en politique, sur la question de la parité etc. Mais très vite ils doivent partir: les conservateurs déclenchent des votes pour contrer les discours-fleuves du NDP. Dès qu’un vote va avoir lieu, dans tous les bâtiments et toutes les salles du parlement, une lumière flashe et une sonnerie retenti.

Question Panel - de g à d: Nikki Ashton (NPD), Elisabeth May (Verts), Irwin Cotler (Libéraux)

Question Panel (avec un oeil sur l’heure/Twitter)  – Haut de g à d: Nikki Ashton (NPD), Elisabeth May (Verts), Irwin Cotler (Libéraux)

Pas le temps de faire une photo de groupe, ils s’en vont. Du coup on a 2 heures de libres. Avec quelques autres filles on décide d’aller visiter un peu. Un tour par la Cour Suprême, vue du Parlement de nuit, puis ByWard Market où je trouve du thé à l’érable.

Haut: Intérieur de la Cour Suprême - Bas de g à d: Cour Suprême, Parlement, Édifice de la Confédération

Haut: Intérieur de la Cour Suprême – Bas de g à d: Cour Suprême, Parlement, Édifice de la Confédération

Les rues d'Ottawa la nuit - ByWard Market

Les rues d’Ottawa la nuit – ByWard Market

Retour à l’hôtel et direction un cocktail offert par deux sénatrices (une libérale, une conservatrice). Plusieurs députés se joignent à nous. Pour la première fois de la journée on peut vraiment discuter en face à face avec les députés et sénateurs. Un peu impressionnant au début mais je pose quand même mes questions. Surtout une « comment faites vous quand vous n’êtes pas d’accord avec votre parti? » (C’est mon grand problème, si je veux m’engager en politique il faut que je m’engage dans un parti et très franchement je ne suis ni entièrement d’accord avec le PS ni entièrement d’accord avec le FdG ou EELV, bref c’est la merde). La conservatrice me réponds qu’il faut définir notre limite, les valeurs qu’on ne peut absolument pas trahir et faire des concessions pour le reste. Pas mal comme réponse. J’ai plus qu’à hiérarchiser mes valeurs, youhou!

Après ça dîner entre nous, j’avais déjà rencontré une québécoise, j’en rencontre une autre (qui d’ailleurs est allée en échange à Sciences Po haha!), moi qui désespérais d’en rencontrer à McGill!

Il est à peu près 23h, il est temps d’aller dormir. Le lendemain, rendez-vous au bureau de ma députée dans l’Edifice de la Confédération. Il est 9h, je suis en avance. Tant mieux, elle est déjà à son premier comité, elle a dormi 2 heures cette nuit car il fallait remplacer un collègue au comité des finances et du budget. Son assistant m’accompagne donc au premier comité de la journée, celui duquel elle est membre permanente: les affaires étrangères. Au Canada, les ministres sont des députés et l’opposition officielle désigne un « cabinet fantôme » avec ses propres députés. Eve Péclet – ma députée donc – fait partie du « ministère » des Affaires Étrangères. Le comité est public, deux témoins (des chercheurs) sont invités à donner leur avis sur la position que devrait prendre le Canada au sein du Conseil Arctique qu’il va présider pour 2 ans à partir de 2013. Géopolitique, commerce, souveraineté, écologie, eaux internationales, pays observateurs permanents, financement, tout est abordé. Je n’y connaissait rien (La France y est pourtant observateurs permanent tout comme plusieurs autre pays européens. Bien évidemment les pays scandinaves en sont membres à part entière. L’UE s’est cependant vues refusé le statut d’observateur permanent et doit demandé une autorisation à chaque fois, tout comme la Chine et le Japon) mais j’ai rapidement compris ce dont il s’agissait (avec parfois l’éclairage précieux de l’assistant de Mme Péclet) et ce fut finalement très intéressant. A la fin, un des experts a félicité Mme Péclet pour sa question (sur la réglementation notamment environnementale dans les eaux internationales). Wahou.

Ah oui parce que je ne vous ai pas dit. Ève Péclet a 24 ans. Elle en avait 23 quand elle a été élue et finissait à peine sa licence de droit à l’Université de Montréal. Elle m’a dit avoir toujours voulu faire de la politique ou au moins quelque chose en rapport, quelque chose d’engagé, mais qu’elle ne pensait pas être élue si tôt. En fait en 2011 il y a eu au Canada ce qu’on appelle la « vague orange » (la couleur du NPD). Les libéraux, qui étaient jusqu’alors l’opposition officielle, mais aussi le Bloc Québécois ont perdu de nombreux sièges au profit du NPD – notamment au Québec. Le NPD étant le seul parti fédéral à s’imposer des quotas, cela a permis d’améliorer considérablement la représentation des femmes et des jeunes à la Chambre des Communes.

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Ève Péclet (NPD) et moi

23 ans. C’est comme si un an après la fin de mon master, en mai 2015 (on n’est jamais à l’abri d’une dissolution de l’Assemblée à la Chichi haha!), j’étais élue députée. Ève m’a confirmé que, surtout par rapport à son âge, beaucoup émettaient des doutes sur ses compétences, mais qu’elle n’a pas renoncé. Elle a travaillé dur et sérieusement pour qu’on la prenne au sérieux.

Bref, après ce comité, Mme Péclet a du aller voter. Vote que j’ai regardé avec ses assistants depuis son bureau. Ensuite nous l’avons rejointe au comité des finances. Je n’étais pas censée pouvoir y assister car la séance était à huis clos (chaque député a donc droit à un seul membre de son équipe). Mais finalement son assistant m’a laissé sa place, donc j’ai eu la chance d’être au cœur de la question du budget. Comme c’était à huis clos je ne peux pas vous en dire plus sur le contenu de la séance MAIS à la fin j’ai eu le droit de prendre une photo de la salle qui était vraiment très belle:

Avouez que ça a de la gueule

Avouez que ça a de la gueule

Après ça on a lunché sur le pouce dans le « hall » de l’opposition. La Chambre des Communes (équivalent de notre Assemblée Nationale) est rectangle, la majorité et l’opposition se faisant face. De chaque côté de la salle, se trouvent des « hall » où les députés peuvent attendre pour voter, manger, faire des recherches sur les ordinateurs mis à disposition etc. Avant chaque vote ils doivent y être un peu à l’avance afin de faire acte de présence (c’est très contrôlé par les partis, il faut une bonne raison pour louper un vote). Ensuite j’ai assisté à la Question Period depuis ce même Hall.

le Hall de l'opposition (NPD, Libéraux, Verts, Bloc Identitaire)

le Hall de l’opposition (NPD, Libéraux, Verts, Bloc Québécois)

Après ça nous nous sommes rendues à une réunion de « ministre » des affaires étrangères de l’opposition qui rencontrait Tawakkul Karman, Prix Nobel de la Paix 2011 (rien que ça) pour son implication dans le Printemps Arabe au Yémen notamment concernant le droit des femmes, Prix qu’elle a reçu au côté de deux autres femmes Ellen Johnson Sirleaf et Leymah Gbowee. Rencontrer un Prix Nobel de la Paix, c’était un peu un rêve de gamine. (NB: Il faut savoir que chez mes parents, il y a un poster avec tous les Prix Nobel de la Paix dans les toilettes. J’ai lu les petites biographies de chacun avec une admiration sans limites. A mon avis c’est celui qui a le plus de valeur – ce qui explique mon agacement quand on l’offre le décerne à Obama ou dans une moindre mesure à l’UE) Alors en plus que ce soit une femme récompensée pour son action pour le droit des femmes dans son pays…

Ève Péclet et Tawakkul Karman

Ève Péclet et Tawakkul Karman

Après ça, encore deux votes puis Mme Péclet devait vite prendre la route pour Montréal où avait lieu une levée de fond pour le NPD. Elle a proposé de me raccompagner en voiture ce que j’ai immédiatement accepté. On a parlé de beaucoup de choses que je vais garder pour moi. Je vais quand même vous dire sa réponse quant au choix du parti qui étais similaire à celle de la libérale tout en ajoutant que tu peux aussi influencer à la marge les discussions au sein de ton parti sur les prises de positions officielles.

Vu ce que je lui ai dit, elle pense que je suis plus proche du PS. Mais moi je ne suis pas encore convaincue, il va me falloir du temps avant de vraiment faire un choix. Au pire je ne m’engagerais pas en politique mais dans le milieu associatif et militant. Une chose est sûr, moi aussi j’ai un peu envie de « changer le monde », que ce soit d’un façon ou d’une autre. Et face à tous les gens ou médias qui me diront ou me feront comprendre que c’est une perte de temps, que je suis trop idéaliste, qu’en vieillissant je changerai d’opinion, que « ne pas être de gauche à 20 ans c’est manquer de cœur, mais que de ne pas être de droite à 40 c’est manquer de cerveau » je penserai à ce qu’Ève m’a dit:

« L’intelligence en politique vient du cœur et pas de l’esprit »

Je penserai à toutes les femmes qui nous ont parlé pendant ces deux jours à leur message de combativité, de l’importance de se battre, d’y aller et d’y croire.

Je ne ferai peut être pas de la politique, mais à chaque fois que je serai découragée professionnellement je penserait à elles.

Ce blog n’a jamais aussi bien porté son nom.

Je vous laisse méditer tout ça

Je vous laisse méditer tout ça

De l’Automne Montréalais

N.B. Le début de l’article parle de météo et fait un usage irraisonné des majuscules – vous êtes prévenus.

Ca y est. J’ai acheté mon manteau en duvet, maintenant il commence à faire froid. Chaque jour, de plus en plus de gens dans la rue portent leur manteau en duvet. Pour ma part je m’accroche solidement à mon manteau français (le « sac poubelle » pour les connaisseurs, l’autre n’est pas assez long/chaud). Quand j’oublie mon écharpe, je cours la chercher en priant pour que ce putain de bus ne passe pas entre temps. La moi ado qui sortait en t-shirt et cheveux mouillés l’hiver a vraiment disparue. Bref, je sens le jour fatidique s’approcher, le jour où il fera tellement froid que je vais mettre LE manteau. Le flip c’est: et si j’ai encore froid même avec le manteau? PEUR. PEUR.

Mouliskov l’Esquimau – Pardon, l’Inuit.

Bref, bref, en attendant c’est encore l’automne même si la température est clairement celle d’un hiver français et que Sandy (enfin, ce qu’il en restait) a emporté toutes les feuilles colorées (le « Mont » Royal est assez triste du coup).

Avant/Après (bon on a quand même eu droit à un arc-en-ciel en guise de dommages et intérêts)

Il faut savoir que j’ai tendance à détester l’automne, à Paris il fait moche, gris, pluvieux et les feuilles sont maronnasses moches. A Montréal il a plus tous les weekend pendant tout le mois d’Octobre (vous n’aurez donc pas de photos des Laurentides…) MAIS au moins la semaine il faisait beau (et même parfois chaud (deux jours) été indien mon amour) et surtout les feuilles étaient TROP cool. Ca m’a fait pensé aux images qu’on te montre en primaire pour t’apprendre les saisons, le VRAI automne, la base.

Remontons le temps jusqu’au moment où il faisait presque beau les week-ends: fin septembre. X et Y m’ont proposé d’aller ramasser des pommes avec leur voisine J, une québécoise plus qu’adorable. Donc j’ai dit oui. Le principe c’est de payer un sac et de le remplir au maximum – tout en se gavant de pommes au passage. Trop cliché vous allez me dire? Bah figurez vous que la plupart des gens y vont au moins une fois par automne et que J était très étonnée que nous ne fassions pas ça en France. (Cela dit d’après Amina il y a des trucs du genre en Normandie, ça me donne envie d’exporter la tradition).

Risquer sa vie sur des échelles triangles bancales pour des pommes: Check.

Le petit problème c’est qu’à la fin de la journée tu as beaucoup trop de pommes pour ton petit estomac.Donc, compote, beurre de pomme, gelée de pomme (qui s’est transformée en caramel…), tartes aux pommes (cuite dans une poêle faute de plat à tarte, MacGyver style.), crumble…

Pâte feuilletée faite maison: Never.Again.

Et tient tant qu’on parle de nourriture, j’ai aussi fait de la soupe au potiron. Oui j’aime recréer des clichés dans la vraie vie, so what? Il ne me manquait plus qu’une cheminé pour la manger au coin du feu. Too bad.

Je suis sûre que même ma sista l’aurait aimée. C’est dire.

J’ai aussi fait de la tartiflette récemment. Oui bon c’est un plat d’hiver et c’est un article sur l’automne: je sais. Sachez que si vous comptez en faire une, ça vous coûtera limite moins cher d’importer le reblochon vous même. C’est la première fois qu’un commerçant m’a dit que les prix étaient haut parce qu’il n’y avait pas assez d’importations en ce moment. Donc le reblochon = luxe. Mais ce n’est pas l’effet Veblen qui me l’a fait acheter, c’est l’effet tout-le-monde-me-manque.

Voilà voilà pour ce qui est de la nourriture bouffe. Oui parce qu’ici on utilise le mot « bouffe » comme si c’était un mot normal et pas un mot à connotation péjorative. Genre le slogan de la chaîne de supermarché IGA (les plus chers et les plus « classes », genre Monoprix) est « Vive la bouffe! ». Ouais, ouais… Bienvenue en terres barbares.

L’automne c’est aussi Halloween. Et pas qu’un peu. Dès fin Septembre, Dollarama (le magasin qui m’a sauvé la vie à plusieurs reprises), était rempli de décorations, costumes et accesoires pour l’Halloween. Comme j’ai un côté rebelle je suis allée à une soirée anti-costume, mais comme j’ai un côté fun je suis aussi allée à une vraie soirée d’Halloween. MISN (l’équivalent mcgillois du Buddy Program sciencespiste) avait entièrement décoré une maison en mode maison hantée. C’était open-beer et open-bonbons. C’était cool. Je me suis donc trouvée une robe de Marylin Monroe sur Kijiji (un autre life-saver) que je suis allée chercher à l’autre bout du monde (non en fait j’ai juste traversé le Saint Laurent pour y aller, mais c’est déjà fou). Et je me suis renversée un tube de fond de teins vert et un tube de faux sang sur tout le corps. Parce que j’avais envie de faire vraiment peur. Mes colocs m’avaient bien fait comprendre que les filles étaient censées être sexy et que sinon j’allai être la fille bizarre (comme dans Lolita Malgrè Moi, si vous ne connaissez pas vous avez raté votre adolescence). Du coup j’ai trouvé un compromis: Marylin-Zombie (et la plupart des gens on reconnu Marylin malgrè le Zombie, contre toute attente). C’était très cool.

Amina, Rui, Emilie et moi 🙂

Oh et puis dans la série cliché, je suis allée à une soirée Storytelling avec une vieille dame qui raconte des histoire, des cookies et du chocolat chaud. Dans la série un peu moins cliché, on a fini la soirée avec Noémie (une autre que moi, je ne parle pas encore de moi à la troisième personne) et Katerina là:

Soirée Drag&Burlesque de Queer McGill

A part ça j’ai fini ma formation Excel, changé de couleur de couleur de cheveu, survécu à un tremblement de terre et été acceptée au programme Women in House, dans une semaine je serai donc à Ottawa en train de suivre Eve Peclet, députée à la Chambre des Communes (et ça c’est très très cool).

Amour et paix dans vos coeurs

De mes premières semaines à McGill (part 2)

Dans la première partie, je vous ai fait un rapide et non exhaustif résumé de la semaine d’orientation, semaine inéluctablement suivie par celle de la rentrée. Petite semaine cela dit puisque le lundi 3 avait lieu la fête du travail (le 1er mai c’est un truc de commies’) et le mardi 4, l’élection provinciale du Québec. Je n’ai pas fait d’article dessus n’ayant vécu que très brièvement la campagne et n’ayant qu’un connaissance superficielle de la vie politique québecoise. Tout ce que j’ai à vous proposer sur le sujet c’est ça (mais n’y voyez pas une analyse de la politisation des québécois):

Malheureuse coïncidence ou acte délibéré?

Et puis vous pouvez aussi aller lire ça et ça si ça vous intéresse.

Bref, la rentrée a eu lieu mercredi. Mais j’ai bien mis à profit le lundi et le mardi en 1) participant à des ateliers sur la bibliothèque (j’ai pas appris grand chose de transcendant mais j’ai gagné un bracelet-USB), 2) en réfléchissant à remettant totalement en question mes choix de cours (faits en mai et pas modifiés entre temps). En effet dans un grand élan de motivation naïveté, j’avais pris un cours en 200, un en 300 et deux en 400. Ces chiffres représentent le niveau des cours, 400 correspondant apparemment à un niveau master. Quand j’ai reçu par mail le syllabus de mon cours en 300, je me suis assez vite rendue compte de mon erreur: j’ai droppé (abandonné) les cours en 400 pour des cours en 200.

Pendant la première semaine, après avoir suivi la première séance de chaque cours, j’ai encore pas mal changé d’avis. En fait des choix fait mai, ne reste maintenant plus qu’un seul cours. Mes critères étaient très simples: est ce que ça a l’air intéressant, est ce que ça correspond à ce à quoi je m’attendais? (Bon ok, la charge de travail a un tout petit peu joué, mais juste pour le fameux cours en 300 avec le syllabus horrible, The Underground Economy. Cours pour lequel j’ai passé des mois en liste d’attente et qui finalement ne correspondait pas du tout à ce à quoi je m’attendais – il aurait fallu le renommer The Illegal Economy, voire The Immoral Economy, voire The Immoral Finance, bref, pas mon truc.)

Je vous passe les détails de mes doutes/choix/changements d’avis, voilà la liste final de mes cours pour le premier semestre:

COMS 210, Introduction to Communication Studies: voilà le cours qui a survécu à toutes les étapes de changement d’avis, contrairement à ce qu’on pourrait croire ce n’est pas un cours de communication (dans le sens pub, RP etc.) mais bien d’étude de la communication, des médias etc. tant sous un angle historique et sociologique qu’économique. C’est aussi intéressant que ça en a l’air et en plus le prof est sympa et a la compétence « faire-participer-un-amphi-de-200-personnes », ce qui ne gâche absolument rien.

PHIL 242, Introduction to Feminist Theory: cours pris en remplacement d’un cours en 400 avant la rentrée, ça a été mon gros coup de cœur. La prof est fun sans en avoir l’air, comme si de rien était (j’adore ça) et le syllabus est plein de noms que je ne connais pas (forcément ça attise ma curiosité). J’ai réalisé qu’après tout je n’avait jamais vraiment lu de la philosophie féministe, j’ai plutôt lu des ouvrages sociologiques sur le sujet et puis j’ai regardé autour de moi. Le premier texte qu’on a eu à lire était sur la conscience féministe: comment elle apparait et surtout ce que ça change en nous, quant à notre vision du monde. Le fait que tout soit écrit au féminin m’a, de prime abord, énervée: comme si seules les femmes pouvaient se rendre compte du problème (ce que les féministes pensaient à l’époque où ça a été écrit). J’ai fermé le course pack direct et ai commencé à grommeler dans mon coin. Mais j’ai bien été obligée de le lire et, au final, ce que dit l’auteure m’a vraiment parlé. Ce moment où tu as peur d’en faire trop et que les autres te traitent de parano parce que tu vois du sexisme partout, ce moment où tu hésites entre dire « hého c’est sexiste ça! » et te la fermer, ce moment où tu te dis « hé mais y’a des causes plus importantes et des gens qui souffrent plus que ça » et où tu t’en veux de te placer en victime etc. etc. C’était assez cool, j’attends la suite avec impatience.

URBP 201, Planning the 21st Century City: un cours que j’avais remarqué dès mai mais que je ne pensais pas pouvoir prendre car dispensé au sein de la faculté d’ingénierie, et en fait si. Ca tombe bien parce que je pense de plus en plus faire le master Stratégies Territoriales et Urbaines. Ce cours aussi est vraiment génial, nous sommes un plus petit groupe et les profs sont passionnés et très motivés, très positifs. Cerise sur le gâteau, bien que ce soit un cours d’introduction, ils ne veulent pas se limiter à la théorie. Par exemple, notre final paper sera une sorte d’étude de cas où nous devront proposer un plan politique pour régler un problème. Les thèmes vont de problèmes spatiaux et techniques à des problèmes plus sociaux. Ca a juste l’air passionant.

ITAL 374, Classics of Italian Cinema: j’ai pris ce cour après la rentrée, au tout début de la période d’add and drop. Là encore, coup de coeur. Rien à voir avec un certain cours de cinéma sur Paris que j’avais pris il y a 2 semestres de ça. Le prof veut vraiment nous faire participer, s’intéresse à ce qu’on a à dire et a l’air de vouloir qu’on comprenne et qu’on suive (ça peut paraître évident, croyez moi, ça ne l’est pas pour tout le monde). Et en plus on a droit tous les lundis à une projection du film dont on va parler pendant la semaine. Que demander de plus?!

Je suis complétement emballée par tout ça. C’est la première fois de ma vie que je peux choisir aussi librement ce que j’ai envie d’étudier et que tous les cours que j’ai m’intéresse vraiment. C’est absolument génial.

A part ça, deux remarques:

1) Ici tous les tableaux (ou presque) sont noirs et non pas blancs. J’ai repensé aux écoles primaires de la ville où j’ai grandi et où les instituteurs feraient la grève si ils devaient écrire sur des tableaux noirs.

2) Je ne me plaindrai plus jamais du prix des livres en France (enfin si bien sûr, je me plaindrai, mais moins) maintenant que j’ai vu les prix ici. Et encore je suis assez privilégiée contrairement à mes camarades sciences-pistes dans d’autres cours.

Oh et aussi, j’ai écrit un petit témoignage pour le Délit, le seul journal francophone de McGill (cliquez sur la miniature en haut à droite pour lire le dernier numéro, mon témoignage est page 9 🙂 )

Oh oh et aussi, j’ai trouvé le cadeau de Noël de mes parents:

Le « bookstore » de McGill

Oh oh oh et aussi, voilà une photo de la vue depuis la fenêtre de ma chambre:

Sunset 1

et une de la vue depuis le pont que je prend tous les jours pour aller au métro:

Sunset 2

De mes premières semaines à McGill (part 1)

Je me pose (enfin) pour vous raconter mes deux premières semaines à McGill et de vie dans mon nouvel appartement. Je vous ai déjà parlé de la première soirée, celle à l’OAP lundi soir, mais la semaine ne s’est pas terminée là.

Le lendemain (mardi), McGill  nous avait concocté une journée « Discover McGill ». Le matin était consacré à des conférences (plus utiles aux étudiants en première année qu’à nous). A midi, malgré les tentatives d’organisation par les « Frosh Leaders » de jeux type maternelle (le but étant d’apprendre par coeur le prénom de 21 camarades, pour devenir amis), nous nous sommes contentés de manger nos pizzas et nos cookies. Et enfin vint l’après-midi où nous fûmes inviter à nous assoir dans le stade.

Il y avait un peu de monde.

A l’arrivée, des membres de l’administration (probablement) et des cheerleaders nous ont accueillis, sourire bien américain aux lèvres, au son de la fanfare et tout ça aux couleurs de McGill (blanc et rouge) évidemment. Au milieu du terrain, une équipe de quidditch en action. Le doute n’est plus permis, nous sommes en Amérique du Nord. Et encore moins quand une dame blonde arrive sur scène et nous lance un magnifique « Heeeeeellooooooooo McGiiiiiiill! ». S’en est suivi un enchaînement de spectacles de danse (sur Fergilicious, soudain tu comprends ce que ça signifie l’élitisme française) ou de chant a cappella et de discours en tout genre. Je suis partie au milieu de la vidéo du SSMU (équivalent du BDE ici) qui tournait au pathétique.

Quidditch & Cheerleading, everything is alright.

Bref, je n’ai absolument pas « Discover » McGill (on aurait pu s’attendre à une visite du campus ou quelque chose comme ça) mais plutôt la culture universitaire nord-américaine (ce qui, cela dit, n’est pas forcément une mauvaise chose!)

A la fin de la journée, nous avons croisé une fille qui nous a donné un prospectus sur une vente d’objets de seconde main. J’ai trouvé des lunettes de soleil à 1$ (oui parce que les lunettes à 3€ que j’avais acheté pour remplacer celles à 20 ce sont cassées…), j’étais contente.

McGill is full of surprises.

Le lendemain (mercredi) je suis allée à un petit déj + un tour en bus gratuits, offerts par l’ISS (International Student Service). Ca fait toujours plaisir. Le soir avait lieu la Street Fest: les étudiants ont littéralement envahis la rue McTavish où étaient installé des stands présentant des associations et des services de McGill. On a récupéré plein de trucs gratuits siglés McGill (j’ai notamment une réserve de post-it e toutes les formes/tailles/couleurs pour les 50 prochaines années). On a aussi récupéré des tickets pour un festival le sur-lendemain (qui s’est avéré assez mal organisé et un peu décevant).

Bain de foule.

Le sur-lendemain (jeudi), on a profité d’un Boat tour – à nouveau offert par l’ISS. C’était cool.

Sciences Po RPZ!

On a fini la journée au Farmer’s Market de McGill où les étudiants en agriculture vendent leurs légumes bio, locaux et de saison, aka les meilleures tomates de ma vie.

12$ (seriously)

Pour finir, nous nous sommes retrouvés samedi après-midi au Piknik Electronik. Un festival de musique éléctro au milieu du Saint Laurent au Parc Jean Drapeau.

Bouffe + musique, what else?

Voilà pour la première partie, dans la deuxième partie je vous parlerai de ma rentrée (prévue le mardi 4, déplacée pour cause d’élections). Sachez quand même que le dimanche soir on a vu Starbuck en plein air et c’était toujours aussi drôle (etprovidenciellement sous-titré  en anglais), et aussi que le lundi soir, un picnic organisé par la MISN (McGill International Student Network) s’est fini dans un bar à cause d’une nuit tombée trop tôt – 20H, ça me fait plus peur que le froid pour l’hiver – et qu’on a rencontré d’autres étudiants en échange plutôt cool.