De mes premières semaines à McGill (part 2)

Dans la première partie, je vous ai fait un rapide et non exhaustif résumé de la semaine d’orientation, semaine inéluctablement suivie par celle de la rentrée. Petite semaine cela dit puisque le lundi 3 avait lieu la fête du travail (le 1er mai c’est un truc de commies’) et le mardi 4, l’élection provinciale du Québec. Je n’ai pas fait d’article dessus n’ayant vécu que très brièvement la campagne et n’ayant qu’un connaissance superficielle de la vie politique québecoise. Tout ce que j’ai à vous proposer sur le sujet c’est ça (mais n’y voyez pas une analyse de la politisation des québécois):

Malheureuse coïncidence ou acte délibéré?

Et puis vous pouvez aussi aller lire ça et ça si ça vous intéresse.

Bref, la rentrée a eu lieu mercredi. Mais j’ai bien mis à profit le lundi et le mardi en 1) participant à des ateliers sur la bibliothèque (j’ai pas appris grand chose de transcendant mais j’ai gagné un bracelet-USB), 2) en réfléchissant à remettant totalement en question mes choix de cours (faits en mai et pas modifiés entre temps). En effet dans un grand élan de motivation naïveté, j’avais pris un cours en 200, un en 300 et deux en 400. Ces chiffres représentent le niveau des cours, 400 correspondant apparemment à un niveau master. Quand j’ai reçu par mail le syllabus de mon cours en 300, je me suis assez vite rendue compte de mon erreur: j’ai droppé (abandonné) les cours en 400 pour des cours en 200.

Pendant la première semaine, après avoir suivi la première séance de chaque cours, j’ai encore pas mal changé d’avis. En fait des choix fait mai, ne reste maintenant plus qu’un seul cours. Mes critères étaient très simples: est ce que ça a l’air intéressant, est ce que ça correspond à ce à quoi je m’attendais? (Bon ok, la charge de travail a un tout petit peu joué, mais juste pour le fameux cours en 300 avec le syllabus horrible, The Underground Economy. Cours pour lequel j’ai passé des mois en liste d’attente et qui finalement ne correspondait pas du tout à ce à quoi je m’attendais – il aurait fallu le renommer The Illegal Economy, voire The Immoral Economy, voire The Immoral Finance, bref, pas mon truc.)

Je vous passe les détails de mes doutes/choix/changements d’avis, voilà la liste final de mes cours pour le premier semestre:

COMS 210, Introduction to Communication Studies: voilà le cours qui a survécu à toutes les étapes de changement d’avis, contrairement à ce qu’on pourrait croire ce n’est pas un cours de communication (dans le sens pub, RP etc.) mais bien d’étude de la communication, des médias etc. tant sous un angle historique et sociologique qu’économique. C’est aussi intéressant que ça en a l’air et en plus le prof est sympa et a la compétence « faire-participer-un-amphi-de-200-personnes », ce qui ne gâche absolument rien.

PHIL 242, Introduction to Feminist Theory: cours pris en remplacement d’un cours en 400 avant la rentrée, ça a été mon gros coup de cœur. La prof est fun sans en avoir l’air, comme si de rien était (j’adore ça) et le syllabus est plein de noms que je ne connais pas (forcément ça attise ma curiosité). J’ai réalisé qu’après tout je n’avait jamais vraiment lu de la philosophie féministe, j’ai plutôt lu des ouvrages sociologiques sur le sujet et puis j’ai regardé autour de moi. Le premier texte qu’on a eu à lire était sur la conscience féministe: comment elle apparait et surtout ce que ça change en nous, quant à notre vision du monde. Le fait que tout soit écrit au féminin m’a, de prime abord, énervée: comme si seules les femmes pouvaient se rendre compte du problème (ce que les féministes pensaient à l’époque où ça a été écrit). J’ai fermé le course pack direct et ai commencé à grommeler dans mon coin. Mais j’ai bien été obligée de le lire et, au final, ce que dit l’auteure m’a vraiment parlé. Ce moment où tu as peur d’en faire trop et que les autres te traitent de parano parce que tu vois du sexisme partout, ce moment où tu hésites entre dire « hého c’est sexiste ça! » et te la fermer, ce moment où tu te dis « hé mais y’a des causes plus importantes et des gens qui souffrent plus que ça » et où tu t’en veux de te placer en victime etc. etc. C’était assez cool, j’attends la suite avec impatience.

URBP 201, Planning the 21st Century City: un cours que j’avais remarqué dès mai mais que je ne pensais pas pouvoir prendre car dispensé au sein de la faculté d’ingénierie, et en fait si. Ca tombe bien parce que je pense de plus en plus faire le master Stratégies Territoriales et Urbaines. Ce cours aussi est vraiment génial, nous sommes un plus petit groupe et les profs sont passionnés et très motivés, très positifs. Cerise sur le gâteau, bien que ce soit un cours d’introduction, ils ne veulent pas se limiter à la théorie. Par exemple, notre final paper sera une sorte d’étude de cas où nous devront proposer un plan politique pour régler un problème. Les thèmes vont de problèmes spatiaux et techniques à des problèmes plus sociaux. Ca a juste l’air passionant.

ITAL 374, Classics of Italian Cinema: j’ai pris ce cour après la rentrée, au tout début de la période d’add and drop. Là encore, coup de coeur. Rien à voir avec un certain cours de cinéma sur Paris que j’avais pris il y a 2 semestres de ça. Le prof veut vraiment nous faire participer, s’intéresse à ce qu’on a à dire et a l’air de vouloir qu’on comprenne et qu’on suive (ça peut paraître évident, croyez moi, ça ne l’est pas pour tout le monde). Et en plus on a droit tous les lundis à une projection du film dont on va parler pendant la semaine. Que demander de plus?!

Je suis complétement emballée par tout ça. C’est la première fois de ma vie que je peux choisir aussi librement ce que j’ai envie d’étudier et que tous les cours que j’ai m’intéresse vraiment. C’est absolument génial.

A part ça, deux remarques:

1) Ici tous les tableaux (ou presque) sont noirs et non pas blancs. J’ai repensé aux écoles primaires de la ville où j’ai grandi et où les instituteurs feraient la grève si ils devaient écrire sur des tableaux noirs.

2) Je ne me plaindrai plus jamais du prix des livres en France (enfin si bien sûr, je me plaindrai, mais moins) maintenant que j’ai vu les prix ici. Et encore je suis assez privilégiée contrairement à mes camarades sciences-pistes dans d’autres cours.

Oh et aussi, j’ai écrit un petit témoignage pour le Délit, le seul journal francophone de McGill (cliquez sur la miniature en haut à droite pour lire le dernier numéro, mon témoignage est page 9 🙂 )

Oh oh et aussi, j’ai trouvé le cadeau de Noël de mes parents:

Le « bookstore » de McGill

Oh oh oh et aussi, voilà une photo de la vue depuis la fenêtre de ma chambre:

Sunset 1

et une de la vue depuis le pont que je prend tous les jours pour aller au métro:

Sunset 2

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2 commentaires sur “De mes premières semaines à McGill (part 2)

  1. nanou dit :

    j’ai le droit de choisir la couleur du cadeau?

  2. nanou dit :

    la suite? on est impatients…

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